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L'Encéphalitozoonose - Vulgarisation.

Dernière mise à jour : 2 juil.


Encephalitozoonose… ce nom est assez impressionnant, je le reconnais !

Ayant une lapine positive à l'Encephalitozoon cuniculi (Amande la beauté ci-dessous) et ayant moi-même eu beaucoup de questions lors de son diagnostic, je vous écris ce petit post afin de vous aider à mieux comprendre cette maladie pour l’appréhender plus sereinement.



Amande
Amande

DÉJÀ, QUESAKO ?


L’encéphalitozoonose est une maladie causée par un parasite microscopique appelé Encephalitozoon cuniculi, ou E. cuniculi pour les intimes.

Ce parasite appartient au groupe des microsporidies, des organismes très particuliers qui vivent à l’intérieur des cellules de leur hôte. C'est un "parasite profiteur" : E. cuniculi est un parasite qui a impérativement besoin de pénétrer les cellules de son hôte pour réussir à se multiplier, et à survivre.


vu au microscope.


MIEUX COMPRENDRE



Si l’on décompose le nom de ce parasite, voilà ce qu’il nous révèle :

Le mot est composé de plusieurs racines grecques :

  • Encephalo- vient du grec enkephalos (ἐγκέφαλος), qui signifie « cerveau ».

  • -zoon vient du grec zôon (ζῷον), qui signifie « être vivant » ou « animal ».

On pourrait donc retenir, de façon simplifiée, qu’Encephalitozoon désigne un organisme vivant associé au cerveau.


Cuniculi vient du latin oryctolagus cuniculus, qui signifie « lapin ».

Ainsi, même si ce n’est pas une traduction officielle, on peut retenir qu’Encephalitozoon cuniculi signifie approximativement : « organisme associé au cerveau du lapin ».

...

Malgré son nom, ce parasite n’infecte pas uniquement les lapins, eh oui ! On le retrouve également chez certains rongeurs, carnivores, primates et, beaucoup - beaucoup - plus rarement, chez l’être humain.

Chez l’Homme, les cas restent exceptionnels et concernent principalement les personnes présentant une immunodépression importante (VIH avancé, greffe d’organe, chimiothérapie, etc.).

Pour les personnes en bonne santé, vivre avec un lapin porteur ne nécessite généralement aucune précaution particulière. En cas d’immunodépression sévère, il est toutefois recommandé de demander conseil à son médecin :)


Pour la maison : Certains cas chez le chien et le chat ont été décrits, cela reste relativement rare.

Ils ne bénéficient pas d'une "barrière d'espèce" absolue, car ce parasite peut toucher beaucoup d'animaux différents. Cependant, toutes les espèces n'y sont pas sensibles de la même manière.

Seuls les rats, les souris (en contact direct avec l'urine contaminée) ou les animaux déjà très fragiles (très jeunes animaux avec un système immunitaire immature, maladie grave, traitement lourd...) courent un "risque".


Le lapin reste l’hôte principal et l’espèce la plus fréquemment concernée.


Stitch
Stitch


Attention au cochon d'inde ! Le cochon d'inde peut lui aussi être sensible à ce parasite, même si c'est nettement moins fréquent que chez le lapin. Si vous faites vivre ensemble un lapin porteur et un cochon d'inde, le lapin peut parfois le lui transmettre.





MODE DE TRANSMISSION




Dans la nature, le parasite utilise deux grandes voies pour se propager, même si, lorsque l'on se renseigne un peu - beaucoup - la part exacte de chacune fait encore débat dans le monde véto et scientifique.

  • La première est la transmission verticale (de la mère aux foetus pendant la gestation). Elle est indiscutable, des études ont prouvé la présence de spores chez les foetus et directement dans les yeux des lapereaux. Cela explique l'apparition de problèmes oculaires comme la cataracte plus tard.

  • La seconde transmission est dite "horizontale", c'est à dire par l'environment. Elle se fait principalement par l'ingestion ou l'inhalation de spores rejetées dans l'urine. C'est ainsi que beaucoup de lapereaux se contaminent malheuresement au nid.

C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles le parasite est si répandu chez nos lapins domestiques.

A l'inverse, les lapins adultes semblent moins sensibles et ont généralement besoin d'un coup de mou immunitaire pour déclarer l'infection.


Petit point important : un lapin contaminé n'élimine pas des spores tout le temps.

Le pic d'excretion se produit juste après la contamination, quelques semaines, avant de chuter fortement. Un porteur chronique rejette des spores de façon intermittente et n'est donc pas contagieux en permanence.


Petite anecdote : Ma lapine positive vit avec une autre lapine qui ne l'est pas et elle n'a pas contracté le parasite !


SYMPTÔMES


Le plus souvent, la maladie est totalement invisible.

Un lapin peut être porteur du parasite toute sa vie sans jamais présenter de signes cliniques.

Il peut également excréter le parasite et être une source de contamination pour d’autres lapins sans paraître malade.


Lorsque la maladie s’exprime, les symptômes les plus fréquents sont :


Atteintes neurologiques

  • Le syndrome vestibulaire (tête penchée, rouler-bouler) peut malheureusement être douloureux. Le torticos en lui-même fait mal, et l'inflammation dans le cerveau peut perturber l'influx nerveux et causer de fortes douleurs neurologiques.

  • Le lapin a ses pattes au sol mais voit l'horizon tourner. Il est donc extrêmement angoissé.

    Panpan
    Panpan
  • L'atteinte de la moelle épinière : Le parasite peut bloquer l'influx nerveux vers l'arrière du corps. Le lapin marche très lentement et a du mal à déplacer ses pattes arrière (souvent confondu à tort avec de la simple vieillesse).

  •  Incontinence : Le système nerveux ne contrôle plus la vessie. Elle reste pleine et l'urine s'échappe en gouttes continues, ce qui brûle la peau et provoque, là, une vraie douleur inflammatoire !


Atteintes rénales

  • insuffisance rénale chronique : L'atteinte des reins se traduit principalement par une inflammation chronique (appelée néphrite interstitielle granulomateuse). Elle ne se voit pas du tout à l'œil nu au départ, seule une prise de sang permet de la détecter.

  • Les calculs urinaires ? On en observe parfois en clinique, mais à ce jour, aucune étude ne prouve de lien direct entre les calculs et E. cuniculi.

  • On peut aussi observer une polyurie (le lapin produit de plus grandes quantités d'urine), une augmentation de la consommation d’eau et une perte de poids.


Atteintes oculaires

  • uvéite Phacoclastique (propre à l'E.cuniculi): c'est une inflammation très particulière de l'œil, provoquée par la rupture du cristallin à cause du parasite.


  • cataracte (opacité du cristallin)

Tous les lapins ne développent pas ces symptômes et leur gravité peut être très variable d’un individu à l’autre.


DÉPISTAGE



Les études montrent qu’une proportion importante de lapins a déjà été en contact avec E. cuniculi. Selon les populations étudiées, plus d’un lapin sur trois présente des anticorps contre ce parasite.

Le dépistage s’effectue par une simple prise de sang réalisée par votre vétérinaire, puis analysée en laboratoire, c'est une sérologie.

Attention toutefois : un test positif signifie simplement que le lapin a été exposé au parasite, mais cela ne suffit pas pour affirmer qu'il est cliniquement malade. Le diagnostic de la maladie doit obligatoirement croiser les symptômes, les analyses et l'élimination des autres maladies possibles.

Mais pourquoi le dépister ?


  • Savoir s'il est sain (négatif) : Pour faire très attention avant de lui présenter un autre lapin qui pourrait le contaminer.

  • Avoir une valeur de référence : Connaître son taux d'anticorps quand il va bien permet de comparer avec une nouvelle prise de sang un ou deux ans plus tard si le lapin tombe malade, pour confirmer si le parasite s'est réveillé.

  • Pousser les éleveurs à tester : Demander un test incite les éleveurs professionnels à tester leurs reproducteurs pour créer des élevages garantis sans parasite. (À noter : le parasite est absent des élevages industriels car ils écartent les lapins trop maigres).


Un test positif signifie que le lapin a été en contact avec le parasite, mais ne signifie pas forcément qu’il développera des symptômes. À ce jour, il n’existe pas de vaccin contre l’Encéphalitozoonose.


Voilà le résultat de la sérologie de ma lapine :



TRAITEMENT


À l’heure actuelle, il n’existe pas de traitement permettant d’éliminer totalement E. cuniculi de l’organisme.

En revanche, des traitements existent pour limiter la multiplication du parasite et réduire l’inflammation qu’il provoque.  Le traitement dure en général un mois. C'est un antiparasitaire qui bloque le matériel dont le parasite a besoin pour se diviser, stoppant net sa multiplication. On ne peut pas le donner en continu car il devient toxique pour l'animal. Le donner quand le parasite "dort" ne sert à rien.

La prise en charge dépendra des symptômes présentés par votre lapin, de son état général et des résultats des examens réalisés par votre vétérinaire NAC.

Un diagnostic précoce et une prise en charge rapide permettent souvent d’améliorer considérablement le confort de vie du lapin atteint.

Un lapin positif à E. cuniculi n’est pas condamné. Beaucoup vivent de longues années sans jamais développer de symptômes ou en conservant une excellente qualité de vie grâce à un suivi vétérinaire adapté.


Vous l'aimez ? dépistez le <3 !

 
 
 

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